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Tout savoir sur le surbot ossature bois et sa mise en œuvre

Tout savoir sur le surbot ossature bois et sa mise en œuvre

Tout savoir sur le surbot ossature bois et sa mise en œuvre

Quand on parle d’ossature bois sur dalle béton, la discussion finit très vite par tourner autour d’un détail… qui n’en est pas un : le surbot. Mal pensé ou mal exécuté, il peut ruiner la durabilité de la structure, compliquer les raccords d’étanchéité et créer des désordres d’humidité parfois irréversibles.

Dans cet article, je vous propose de faire le tour, de façon très concrète, de ce qu’est un surbot en ossature bois, à quoi il sert, comment le dimensionner et surtout comment le mettre en œuvre proprement, que vous soyez auto-constructeur, artisan ou maître d’œuvre.

Qu’est-ce qu’un surbot en ossature bois ?

Dans le langage chantier, on appelle « surbot » (ou relevé de dalle, muret, rehausse) l’élément qui vient surélever la lisse basse de l’ossature bois par rapport au niveau fini de la dalle ou du terrain extérieur. Il peut être :

Son rôle principal est simple :

En pratique, c’est la « zone tampon » entre un milieu plutôt humide (extérieur, dalle brute) et un matériau qui n’aime pas du tout l’humidité stagnante : le bois d’ossature.

Pourquoi le surbot est indispensable en ossature bois

On entend encore parfois : « Je pose directement ma lisse basse sur la dalle, avec un bon film d’étanchéité, ça suffit ». Non, ça ne suffit plus, et les sinistres en pied de mur l’ont largement démontré.

Quelques raisons très concrètes :

Les textes et référentiels (DTU 31.2 pour la construction bois, DTU 20.1 pour la maçonnerie, règles professionnelles MOB, etc.) vont globalement dans le même sens : le bois doit être clairement désolidarisé du sol et hors des zones d’humidification fréquente.

Hauteur et dimensions : comment dimensionner un surbot ?

La question qui revient systématiquement : « Je fais mon surbot de quelle hauteur ? ».

Les pratiques courantes, en France, se situent généralement entre :

Quelques repères utiles :

Si vous prévoyez une terrasse bois ou carrelée, pensez que le revêtement vient encore remonter le niveau extérieur. Une erreur fréquente : dimensionner le surbot par rapport à la « terre actuelle », sans intégrer la future terrasse… On se retrouve alors avec seulement 5 cm de surbot émergent, voire moins, au lieu des 15 cm visés.

En largeur, plusieurs configurations possibles :

Du point de vue structurel, il faut vérifier :

Surbot béton, maçonnerie ou bois : que choisir ?

On peut très bien réaliser un surbot dans différents matériaux. Chacun a ses avantages et contraintes.

1. Surbot béton (relevé de dalle, petit muret coulé)

2. Surbot maçonnerie (parpaing, brique, blocs)

3. Surbot bois (rehausse en bois sur dalle)

En pratique, pour une maison individuelle en climat « moyen » français, on voit majoritairement :

Étapes de mise en œuvre d’un surbot ossature bois

Passons au concret : comment enchaîner les opérations sur chantier ? Voici un déroulé type pour un surbot béton ou maçonnerie accueillant une ossature bois.

1. Préparation et réalisation de la dalle

2. Coffrage ou élévation du surbot

3. Mise en œuvre de la rupture capillaire

4. Pose de la lisse basse

5. Raccords d’étanchéité à l’air et à l’eau

6. Isolation et habillages en pied de mur

Points de vigilance fréquents sur chantier

Sur les chantiers que j’ai pu suivre, les mêmes erreurs reviennent très souvent. Quelques-unes à garder en tête :

Un bon réflexe : faire un croquis en coupe du pied de mur, avec tous les niveaux : dalle, surbot, sol fini intérieur, sol fini extérieur, épaisseurs des revêtements, etc. On repère vite les incohérences.

Étanchéité, ponts thermiques et surbot : comment concilier ?

Un surbot béton ou maçonné crée un pont thermique évident entre l’intérieur chauffé et l’extérieur. La question devient alors : comment limiter ce pont sans fragiliser la fonction « barrière à l’eau » ?

Quelques solutions rencontrées :

Il faut toujours garder un équilibre :

Et ne pas oublier que, sur un bilan énergétique global, un pont thermique linéique bien traité au pied de mur peut représenter plusieurs kWh/m².an gagnés. Ce n’est pas marginal, surtout sur des surfaces de façade importantes.

Cas particuliers : extensions, rénovations et bâtiments tertiaires

Le surbot n’est pas réservé aux maisons neuves. Dès qu’on pose une ossature bois sur une base existante, la question se pose.

1. Extension bois sur dalle existante

2. Surélévation ossature bois sur bâti existant

3. Bâtiments tertiaires, industriels, agricoles

Exemple chiffré : impact économique d’un « bon » surbot

Pour se faire une idée de l’ordre de grandeur, prenons un cas simple :

On obtient un coût de surbot autour de :

Si on avait choisi de réduire le surbot à 10 cm de haut ou de l’omettre, l’économie brute serait de quelques milliers d’euros tout au plus, pour un bâtiment qui en coûte souvent 200 000 € ou plus. En face, on met en risque :

C’est typiquement le genre d’« économie » qui n’en est pas une à long terme.

À retenir pour bien concevoir et mettre en œuvre un surbot ossature bois

Pour finir, quelques points clés à garder sous la main lors de la conception ou du suivi de chantier :

Un surbot bien conçu et bien réalisé ne se voit presque pas… et c’est tant mieux. Si on n’en parle plus pendant 30 ans, c’est qu’il a parfaitement rempli son rôle.

Arthur

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