Objectif bois

L’évolution du marché des granulés de bois tendances prix et perspectives énergétiques

L’évolution du marché des granulés de bois tendances prix et perspectives énergétiques

L’évolution du marché des granulés de bois tendances prix et perspectives énergétiques

Les granulés de bois ont longtemps été les “bons élèves” du chauffage : énergie locale, stable, économique, facile à automatiser. Puis est arrivée la crise de 2022 : prix qui doublent, sacs introuvables, files d’attente en magasin. Beaucoup se sont demandé : “Est-ce que le granulé, c’est fini ?”

Dans cet article, je vous propose un décryptage chiffré de l’évolution du marché des granulés de bois en France, des tendances de prix et des perspectives énergétiques à moyen terme. Objectif : vous aider à décider, sereinement, s’il est pertinent d’investir (ou de rester) dans le chauffage aux granulés.

Rappel : comment fonctionne le marché des granulés de bois ?

Avant de parler prix, il faut rappeler comment se fabrique et se vend un granulé de bois en France.

Un granulé “standard” :

En France, le marché s’est structuré autour de normes et labels :

Point clé : le granulé est très lié à l’industrie du bois. Si les scieries tournent moins (baisse de la construction, par exemple), il y a moins de sciure disponible. Et donc une tension possible sur l’offre.

Évolution récente des prix : de la stabilité à la montagne russe

Prenons un ordre de grandeur pour un particulier chauffé avec un poêle ou une chaudière, en vrac ou en sacs, en France métropolitaine. Les chiffres ci-dessous sont des fourchettes moyennes observées (prix TTC livrés ou en grande surface spécialisée, hors promotions ponctuelles).

Avant 2021 : une énergie globalement stable

2021–2022 : la crise

Plusieurs facteurs ont convergé :

Résultat concret pour les utilisateurs :

Si on traduit en c€/kWh, certains particuliers sont montés temporairement à 10–12 c€/kWh. Autrement dit : le granulé n’était plus compétitif par rapport au gaz naturel, parfois plus cher que le fioul sur quelques mois.

2023–2024 : retour vers un “plateau” plus raisonnable

Depuis fin 2023 et courant 2024, on observe :

Ordre de grandeur courant 2024 (à adapter selon votre région) :

Ce qui donne, en coût d’énergie :

On est donc revenus dans une zone “compétitive”, mais il faut accepter que la période 2015–2020, très confortable en termes de prix, ne reviendra peut-être pas telle quelle.

Granulés vs autres énergies : où en est-on vraiment ?

Comparer les prix sans les ramener au kWh ne sert à rien. Prenons un exemple type, avec des ordres de grandeur 2024 en France :

Même après la crise, le granulé reste donc généralement :

Pourquoi les prix des granulés ont-ils flambé, et que peut-on en tirer ?

On peut résumer les causes principales de la crise 2022 en trois points.

1. Un marché encore jeune et peu amorti

2. Une dépendance aux autres marchés du bois

3. Une demande qui a explosé trop vite

Le principal enseignement, côté particulier, c’est que le granulé n’est pas une énergie “hors marché”. Il est sensible :

Le parc de poêles et chaudières à granulés : une donnée clé

Pour comprendre les perspectives, il faut regarder le nombre d’appareils en service.

Ce parc installé crée une “demande incompressible” pour les 10 à 20 prochaines années :

Autrement dit : même si les nouvelles ventes ralentissent, la consommation de granulés va rester élevée, avec une tendance légèrement haussière si les politiques publiques continuent de favoriser le remplacement du fioul et du gaz.

Perspectives énergétiques : le granulé dans le mix français

Du point de vue des politiques énergie-climat, le granulé coche plusieurs cases :

Mais il y a aussi des contraintes :

Malgré ces contraintes, la plupart des scénarios de transition énergétique français et européens prévoient :

Peut-on s’attendre à une nouvelle flambée des prix ?

Personne ne peut prédire les prix avec certitude, mais plusieurs éléments permettent de se faire une idée du risque.

Des capacités de production en hausse

Un marché qui se professionnalise

Des risques qui restent présents

En pratique, il est raisonnable d’anticiper :

Faut-il encore investir dans un poêle ou une chaudière à granulés ?

Venons-en à la question qui fâche (ou qui rassure, selon votre situation).

Cas 1 : vous êtes déjà équipé en granulés

Dans ce cas, la priorité n’est pas de changer d’énergie, mais d’optimiser :

Un simple exemple chiffré : si vous consommez 3 tonnes/an à 400 € la tonne (1 200 €/an) et que vous gagnez 15 % d’efficience globale grâce à un meilleur réglage et à une isolation ciblée, vous descendez à 2,55 tonnes/an, soit 1 020 €/an. Vous économisez 180 €/an sans changer d’énergie.

Cas 2 : vous hésitez à investir dans un nouvel appareil

Quelques repères :

L’intérêt économique dépend donc :

Un conseil pragmatique : faites systématiquement un comparatif de coût global sur 15–20 ans, incluant :

Dans beaucoup de cas, le granulé reste une solution très pertinente, surtout en zone rurale mal desservie, à condition de :

Bonnes pratiques pour lisser l’impact des variations de prix

Il n’est pas possible de “verrouiller” à vie un prix de granulés, mais on peut limiter la casse.

En combinant ces leviers, on compense largement une partie de la hausse structurelle des prix observée depuis 2021.

À retenir

Comme toujours, si vous avez un projet concret (remplacement de chaudière fioul, construction neuve, hésitation entre PAC et granulés), n’hésitez pas à rassembler vos données (surface, isolation, conso actuelle) : avec quelques chiffres, on sort très vite du “on-dit” pour entrer dans le concret.

Arthur

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