Site icon Objectif bois

Fncofor : rôle et actions pour une gestion durable des forêts communales

Fncofor : rôle et actions pour une gestion durable des forêts communales

Fncofor : rôle et actions pour une gestion durable des forêts communales

Lorsqu’une commune possède une forêt, elle ne dispose pas seulement d’un patrimoine foncier. Elle doit aussi arbitrer entre production de bois, protection de la biodiversité, accueil du public, prévention des incendies et adaptation au changement climatique. Ces décisions sont rarement simples, surtout dans les petites communes qui ne disposent pas d’un service forestier en interne.

C’est précisément sur ce terrain qu’intervient la FnCOFOR, la Fédération nationale des communes forestières. Son rôle est parfois méconnu, alors qu’elle accompagne des milliers de collectivités propriétaires de forêts publiques ou concernées par la filière bois.

Quel est son fonctionnement ? Quelles actions mène-t-elle concrètement ? Et que peut en attendre une commune qui souhaite mieux gérer sa forêt ? Voici les principaux éléments à connaître.

La FnCOFOR, une fédération au service des communes forestières

La FnCOFOR signifie Fédération nationale des communes forestières. Elle rassemble les associations départementales et régionales de communes forestières, généralement désignées sous le nom de réseau COFOR.

Son objectif est simple à formuler : permettre aux élus locaux de mieux défendre et valoriser le patrimoine forestier de leur commune.

En France, les forêts communales représentent plusieurs millions d’hectares. Elles sont principalement gérées dans le cadre du régime forestier, avec l’Office national des forêts, l’ONF. La commune reste toutefois propriétaire de sa forêt. Elle prend donc des décisions importantes sur :

La FnCOFOR n’est donc pas un exploitant forestier et ne remplace pas l’ONF. Elle agit plutôt comme un réseau d’appui, de représentation et de formation pour les collectivités.

Pourquoi les communes ont-elles besoin d’un réseau spécialisé ?

Une forêt se gère sur plusieurs décennies, voire plusieurs siècles. Pourtant, un mandat municipal dure six ans. Cette différence d’échelle complique les décisions.

Un élu peut, par exemple, devoir se prononcer sur la coupe d’une parcelle arrivée à maturité. La vente des bois apporte une recette à la commune, mais la coupe modifie temporairement le paysage, nécessite des travaux de remise en état et doit être compatible avec la régénération future du peuplement.

Autre cas fréquent : une commune souhaite installer une chaufferie bois pour alimenter une école, une mairie et quelques logements. Elle doit alors sécuriser son approvisionnement, vérifier les volumes disponibles, choisir un mode de livraison et comparer le coût global avec celui du gaz ou du fioul. Une décision prise uniquement sur le prix de la chaudière peut conduire à une mauvaise surprise quelques années plus tard.

Les associations de communes forestières apportent aux élus une lecture plus opérationnelle de ces sujets. Elles facilitent aussi les échanges entre territoires. Une commune de montagne confrontée au dépérissement de l’épicéa peut ainsi bénéficier du retour d’expérience d’une collectivité voisine ayant déjà adapté ses peuplements.

Représenter les intérêts des propriétaires forestiers publics

L’une des missions principales de la FnCOFOR est de porter la voix des communes forestières auprès des pouvoirs publics et des acteurs de la filière.

Les communes sont des propriétaires particuliers. Elles doivent gérer un patrimoine collectif, respecter les règles de la commande publique et rendre des comptes à leurs habitants. Elles ne peuvent pas raisonner comme un propriétaire privé cherchant uniquement une rentabilité rapide.

La fédération intervient donc dans les débats portant sur :

Cette représentation est importante dans un contexte où les communes supportent une partie des coûts de gestion sans toujours bénéficier directement de l’ensemble des retombées économiques de la forêt. Une forêt bien entretenue protège les sols, stocke du carbone, fournit du bois et contribue à l’attractivité touristique. Ces services ne sont pas toujours rémunérés à leur juste niveau.

Accompagner les élus dans leurs décisions forestières

Sur le terrain, l’action du réseau COFOR passe par l’information et l’accompagnement des élus. Des réunions, visites de parcelles, formations et documents techniques permettent de rendre les sujets forestiers plus accessibles.

Le vocabulaire forestier peut rapidement devenir technique : éclaircie, régénération naturelle, futaie irrégulière, station forestière, dépérissement, volume sur pied ou encore affouage. Ces notions sont indispensables, mais elles doivent être expliquées avant toute prise de décision.

Lors d’une visite, un élu peut par exemple apprendre à distinguer :

Cette pédagogie est essentielle pour expliquer ensuite les choix aux habitants. Une coupe rase n’a pas la même justification selon qu’elle concerne une plantation homogène touchée par un parasite, une forêt de production arrivée à maturité ou une parcelle convertie pour des raisons d’aménagement. Sans explication, les images peuvent être trompeuses.

Développer les filières locales du bois

La FnCOFOR contribue également à rapprocher les communes des entreprises de la filière bois. L’objectif est de mieux valoriser les ressources locales et de conserver davantage de valeur sur les territoires.

Un arbre récolté dans une forêt communale peut suivre plusieurs circuits. Les grumes de qualité peuvent être sciées pour produire des poutres, des charpentes ou des menuiseries. Les bois de qualité intermédiaire peuvent être destinés aux panneaux ou à la pâte à papier. Les branches, houppiers et petits diamètres peuvent alimenter une chaufferie bois.

Le bon fonctionnement de cette chaîne dépend de plusieurs paramètres :

Pour une chaufferie collective, le transport doit être étudié avec soin. Un combustible livré à 30 kilomètres n’a pas le même bilan économique qu’un combustible parcourant 150 kilomètres. Le prix de la plaquette ne suffit pas : il faut intégrer le séchage, le stockage, la livraison, la qualité et la régularité des approvisionnements.

Les communes forestières encouragent ainsi les projets qui relient la ressource, les entreprises et les besoins énergétiques locaux. Le bois local n’est pas automatiquement le meilleur choix, mais il peut devenir pertinent lorsque la chaîne complète est organisée.

Le bois énergie : une action très concrète

Le développement du bois énergie fait partie des sujets régulièrement portés par le réseau des communes forestières. Il concerne les chaufferies communales, les réseaux de chaleur, les bâtiments publics et les plateformes de combustible.

Un projet bien dimensionné commence par l’analyse des consommations. Une école consommant 100 MWh de chaleur par an n’a pas les mêmes besoins qu’un réseau desservant une piscine, une maison de retraite et plusieurs logements.

Il faut ensuite examiner la ressource disponible. Une forêt communale peut fournir une partie du combustible, mais rarement la totalité d’un projet important sans coordination avec les propriétaires voisins. La gestion durable impose de ne pas surexploiter les peuplements et de maintenir les fonctions écologiques de la forêt.

Les points à vérifier avant de lancer une chaufferie sont notamment :

Une chaufferie bois correctement conçue peut réduire la dépendance aux énergies fossiles, mais elle demande une véritable organisation. Le bois ne se commande pas comme une simple citerne de fioul. Il faut anticiper les volumes, la saison de livraison et les conditions d’accès.

Adapter les forêts communales au changement climatique

Les forêts françaises subissent déjà les effets du changement climatique. Sécheresses répétées, canicules, incendies, tempêtes et attaques d’insectes fragilisent de nombreux peuplements.

Dans certaines régions, l’épicéa souffre des scolytes. Dans d’autres, le sapin, le hêtre ou le pin présentent des signes de dépérissement liés au manque d’eau. Une forêt qui semblait parfaitement adaptée il y a cinquante ans peut devenir vulnérable dans les prochaines décennies.

La FnCOFOR accompagne les collectivités dans cette réflexion avec une approche qui ne consiste pas à chercher une essence miracle. La gestion doit prendre en compte :

La diversification peut réduire certains risques, mais elle ne doit pas devenir un simple empilement d’essences sur le papier. Une essence adaptée à un sol humide ne donnera pas de bons résultats sur une station sèche, même si elle est présentée comme résistante au climat futur. Le diagnostic local reste prioritaire.

Préserver les autres fonctions de la forêt

La production de bois est importante, mais elle ne résume pas la valeur d’une forêt communale. Les massifs accueillent des promeneurs, protègent parfois des captages d’eau, limitent l’érosion et constituent des habitats pour de nombreuses espèces.

Les élus doivent donc arbitrer entre des usages parfois concurrents. Une piste peut être nécessaire pour sortir les bois, tout en étant sensible pour la faune ou très fréquentée par les randonneurs. Une zone humide peut présenter un intérêt écologique majeur et imposer des précautions lors des travaux.

La gestion durable repose sur cet équilibre. Elle ne signifie pas l’absence de coupes ou de travaux. Elle signifie que les prélèvements, les investissements et les choix sylvicoles restent compatibles avec la capacité de renouvellement de la forêt et avec ses fonctions environnementales et sociales.

Comment une commune peut-elle travailler avec les COFOR ?

Une commune propriétaire d’une forêt peut se rapprocher de l’association départementale ou régionale des communes forestières. Les modalités varient selon les territoires, mais l’accompagnement peut prendre plusieurs formes :

Avant une réunion avec l’ONF ou un exploitant, quelques questions simples permettent déjà de préparer le dossier :

À retenir pour les élus et les habitants

Une forêt communale ne se gère pas uniquement avec une tronçonneuse, un tableau de volumes ou une recette de vente. Elle se gère avec une vision de long terme, des données de terrain et un dialogue constant entre élus, techniciens, entreprises et habitants. C’est dans cet espace que la FnCOFOR joue son rôle : aider les communes à passer d’une gestion parfois subie à une véritable stratégie forestière locale.

Quitter la version mobile