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Euroforest : tout savoir sur le salon de la filière forêt-bois

Euroforest : tout savoir sur le salon de la filière forêt-bois

Euroforest : tout savoir sur le salon de la filière forêt-bois

Pour comprendre la filière forêt-bois, il faut parfois quitter les bureaux et aller sur le terrain. Euroforest est précisément conçu pour cela. Organisé à Saint-Bonnet-de-Joux, en Saône-et-Loire, ce salon professionnel rassemble les acteurs de la forêt, de l’exploitation forestière, du bois énergie et de la transformation.

Sa particularité : il ne s’agit pas d’un salon installé dans un hall. Euroforest se déroule en pleine forêt, sur plusieurs centaines d’hectares, avec des machines en fonctionnement, des démonstrations d’abattage, de débardage, de broyage et de transport. On y vient pour voir les équipements, mais surtout pour observer leur comportement dans des conditions proches de celles rencontrées sur les chantiers.

Que vous soyez propriétaire forestier, exploitant, entrepreneur de travaux forestiers, scieur, élu local ou simplement intéressé par le bois, voici ce qu’il faut savoir pour préparer efficacement votre visite.

Euroforest, un salon au cœur de la forêt

Euroforest est l’un des principaux rendez-vous européens consacrés à la filière forêt-bois. Le salon est organisé à Saint-Bonnet-de-Joux, en Saône-et-Loire, dans le massif forestier de la Grande Paroisse. Le site permet de présenter des matériels de grande dimension directement sur le terrain.

Cette implantation est importante. Une abatteuse peut être impressionnante sur une photo, mais ses performances dépendent fortement de la pente, de la portance du sol, de la densité des peuplements et de l’organisation du chantier. En forêt, ces paramètres deviennent immédiatement visibles.

Le visiteur peut ainsi comparer :

Cette approche distingue Euroforest de nombreux salons techniques. Ici, le matériel ne reste pas immobile sur une moquette. Il travaille, avance, coupe, trie et transporte. Pour un professionnel, cette différence justifie à elle seule le déplacement.

Un rendez-vous organisé par cycles

Euroforest se tient généralement tous les quatre ans. Cette périodicité correspond au rythme de renouvellement des grands équipements forestiers et à la préparation d’un événement nécessitant un site naturel important.

La dernière édition s’est tenue du 22 au 24 juin 2023. Elle a réuni plusieurs centaines d’exposants et environ 42 000 visiteurs selon les chiffres communiqués par l’organisation. La prochaine édition est attendue en 2027, mais les dates précises doivent être vérifiées sur le site officiel avant tout déplacement.

Pourquoi cette vérification est-elle indispensable ? Parce que les horaires, les modalités d’accès, les zones de démonstration et les conditions de réservation peuvent évoluer. Un salon forestier se prépare aussi en fonction de la météo, de l’état des sols et des contraintes de sécurité.

Il faut également garder en tête qu’Euroforest attire un public professionnel international. Les échanges se font principalement en français, mais l’anglais, l’allemand et l’italien sont régulièrement utilisés sur les stands des constructeurs et des équipementiers.

Quels métiers et quels matériels peut-on découvrir ?

Le salon couvre une grande partie de la chaîne forêt-bois, depuis la gestion du peuplement jusqu’à l’utilisation des produits forestiers. Les secteurs représentés peuvent varier selon les éditions, mais les grandes familles restent relativement constantes.

La gestion et les travaux forestiers

Les entreprises de travaux forestiers présentent des solutions pour préparer, entretenir et exploiter les parcelles :

Les démonstrations permettent notamment de comparer le travail mécanisé et le travail réalisé avec des équipements plus légers. Dans une parcelle sensible, un tracteur de 15 tonnes n’est pas toujours la meilleure solution. La portance, la saison d’intervention et la présence de zones humides peuvent imposer une machine plus compacte, un câblage ou un débardage par cheval.

L’abattage et le débardage

Les abatteuses-façonneuses constituent souvent l’une des principales attractions du salon. Ces machines peuvent abattre un arbre, l’ébrancher, le tronçonner et mesurer les billons en quelques secondes.

Leur intérêt économique dépend toutefois du contexte. Dans une plantation régulière de résineux, avec des arbres relativement homogènes et des volumes suffisants, la productivité peut être élevée. Dans une futaie irrégulière, une coupe d’amélioration ou une parcelle très pentue, les performances seront différentes.

Le débardage est également largement représenté avec des porteurs, des débusqueurs, des câbles-mâts et des solutions de transport adaptées aux terrains difficiles. Le bon choix ne se résume pas à la puissance du moteur. Il faut regarder le poids à vide, la largeur, la pression exercée au sol, la capacité de franchissement et le coût d’entretien.

Un porteur de 15 tonnes peut transporter davantage de bois à chaque rotation, mais il risque aussi d’être moins adapté à un sol humide. À l’inverse, une machine plus légère peut multiplier les trajets tout en limitant les ornières. Le bilan doit intégrer la productivité et les conséquences sur le sol.

Le broyage et le bois énergie

Le bois énergie occupe une place importante à Euroforest. Les visiteurs peuvent voir fonctionner des broyeurs de branches, des déchiqueteuses, des cribles, des convoyeurs et des équipements de stockage.

Ces démonstrations sont particulièrement utiles pour comprendre la différence entre plusieurs produits :

La qualité d’une plaquette ne dépend pas uniquement de son aspect visuel. Il faut prendre en compte son taux d’humidité, sa granulométrie, sa teneur en fines, sa masse volumique et son pouvoir calorifique.

À titre indicatif, une tonne de plaquettes à 30 % d’humidité contient généralement beaucoup plus d’énergie utile qu’une tonne de plaquettes fraîchement produites à 50 % d’humidité. Le poids ne suffit donc pas pour comparer deux livraisons. Pour une chaufferie, le suivi se fait idéalement en tonnes livrées, en humidité mesurée et en mégawattheures utiles.

Le transport et la logistique

Entre la parcelle et l’usine, les coûts de transport peuvent rapidement peser lourd dans le prix final du bois. Euroforest présente des porteurs, des camions forestiers, des remorques, des systèmes de pesée et des solutions numériques de suivi des flux.

Cette partie mérite l’attention des professionnels du commerce du bois. Un bois acheté 50 euros par tonne sur pied ne conserve pas cette valeur après l’abattage, le débardage, le transport, le tri et la transformation. Chaque étape ajoute un coût et peut modifier la qualité du produit.

La distance entre la coupe et le point de livraison reste un indicateur simple mais déterminant. Dans certains cas, quelques dizaines de kilomètres supplémentaires suffisent à dégrader fortement la marge d’un chantier de bois énergie ou de billons destinés à la scierie.

Les innovations à surveiller

Euroforest permet de repérer les grandes tendances qui transforment progressivement les métiers forestiers. L’électrification complète des engins reste limitée par les besoins de puissance et d’autonomie, mais les constructeurs travaillent sur des solutions hybrides, des moteurs plus sobres et la récupération d’énergie.

La réduction de la consommation de carburant devient un critère de décision majeur. Pour une machine qui fonctionne 1 500 heures par an, une baisse de consommation de 5 litres par heure représente 7 500 litres de gazole économisés. Même avec un prix variable du carburant, l’enjeu financier se chiffre rapidement en plusieurs milliers d’euros par an.

La sécurité et l’ergonomie progressent également. Cabines pressurisées, systèmes de détection, caméras, automatisation partielle et logiciels d’aide à la décision limitent l’exposition des opérateurs aux risques.

La mesure numérique des arbres et des bois prend aussi de l’importance. Les systèmes embarqués peuvent enregistrer les volumes, les diamètres, les longueurs et les qualités produites. Ces données facilitent ensuite la facturation, le suivi des stocks et l’optimisation des chargements.

Attention toutefois à ne pas confondre technologie et rentabilité. Un équipement connecté n’est intéressant que si les données sont réellement utilisées. Avant d’investir, il faut vérifier la compatibilité avec les logiciels existants, la qualité du réseau sur les chantiers et le temps nécessaire à la formation des équipes.

Comment préparer efficacement sa visite ?

Une visite improvisée peut vite devenir fatigante. Le site est vaste, les démonstrations sont réparties sur plusieurs zones et les distances à pied sont importantes. Une préparation minimale permet de gagner plusieurs heures.

Pour un professionnel qui envisage l’achat d’une machine, il est préférable de venir avec des données concrètes : volume annuel de bois, nombre d’heures de fonctionnement, type de parcelles, pente moyenne, distance de transport et budget disponible.

Demander uniquement « combien coûte cette machine ? » donne rarement une réponse exploitable. Il vaut mieux demander :

Ces questions obligent le vendeur à sortir du discours général. Une productivité annoncée de 30 tonnes par heure n’a pas la même signification dans une plantation de résineux homogène et dans une coupe feuillue avec des arbres de diamètres très variés.

Un intérêt pour les propriétaires forestiers et les collectivités

Euroforest ne s’adresse pas uniquement aux exploitants et aux fabricants de machines. Les propriétaires forestiers peuvent y trouver des informations sur les itinéraires sylvicoles, la mécanisation des travaux et la valorisation des bois.

Le salon permet aussi de mieux comprendre les contraintes économiques d’une coupe. Un arbre ne représente pas seulement un volume de bois. Il faut prendre en compte son accessibilité, sa qualité, son diamètre, la distance jusqu’à la route, les coûts de façonnage et les débouchés disponibles.

Pour une collectivité, la visite peut être utile avant la création ou la modernisation d’une chaufferie bois. Les échanges avec les fournisseurs de combustible, les fabricants de chaudières et les entreprises de maintenance donnent une vision plus complète du projet.

Une chaufferie de 500 kW et une installation de 5 MW ne présentent ni les mêmes besoins logistiques ni les mêmes exigences de stockage. Dans le premier cas, quelques livraisons hebdomadaires peuvent suffire. Dans le second, il faut anticiper les volumes annuels, la circulation des camions, la capacité du silo et la continuité d’approvisionnement pendant les périodes froides.

Les points de vigilance sur place

Les démonstrations sont impressionnantes, mais elles peuvent donner une vision trop favorable des performances. Les machines sont souvent présentées dans des conditions préparées et avec des opérateurs expérimentés.

Pour obtenir une information réellement utile, observez les détails :

Profitez également des échanges avec les utilisateurs. Un entrepreneur qui exploite déjà une machine depuis deux ans donnera souvent des informations plus concrètes qu’une brochure : fréquence des pannes, disponibilité du concessionnaire, consommation réelle et valeur des pièces d’usure.

Ce qu’il faut retenir avant de partir

Euroforest est finalement un outil d’aide à la décision. On peut y découvrir une abatteuse, un broyeur ou un système de données embarquées, mais l’essentiel est de repartir avec une meilleure compréhension des coûts, des limites techniques et des conditions de réussite d’un chantier forestier.

Dans la filière bois, la bonne machine n’est pas forcément la plus puissante ni la plus récente. C’est celle qui correspond réellement au terrain, aux volumes disponibles, aux compétences de l’équipe et aux débouchés des produits. C’est précisément ce que les démonstrations en forêt permettent de vérifier.

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